Il y avait foule le 11 octobre à la salle Elie Barthomeuf et les techniciens comme les élus – les maires des 2 communes, Peter Vigier, député, Joseph Chapuis, vice-président du Département chargé des transports et Annie Ricoux, conseillère départementale –  ont eu fort à faire  pour expliquer aux usagers la raison des contraintes qui pesaient sur eux depuis de longs mois et les mesures qui seraient prises dans l’avenir. 

Rappel des faits : suite à une surcharge survenue en 2017, les poutres latérales, dites de rigidité, se sont déformées. Il a fallu procéder à leur remplacement sur 30 m d’un côté et 35 m de l’autre. Pendant ces travaux qui ont eu lieu de mai à fin juillet et ont coûté 350.000 €, le pont a été fermé à la circulation. Il a rouvert début août mais avec une limitation à 3,5 t et une hauteur de 2 m en raison de la découverte, lors des travaux, d’une forte corrosion sur les parties internes des suspentes. Une nouvelle tranche importante de travaux doit donc à nouveau être envisagée.

Par ailleurs, le gué submersible qui a été construit au niveau du camping de la Viallette est strictement réservé aux engins agricoles et aux gros 4×4. Il s’avère peu praticable et n’est utilisable que pendant la saison d’été.

Quelles sont les perspectives ? D’ici la fin de l’année, le pont sera à nouveau fermé à la circulation pour 2 à 3 semaines, afin de procéder à des réglages des haubans et des suspentes. Puis il faut s’attendre à un délai de 2 à 4 ans – le temps de faire des investigations complémentaires, une consultation des entreprises et une phase de travaux de plusieurs mois – avant que le pont ne revienne à une limitation de 2,50 m en hauteur et un tonnage de 16 t, voire plus si possible, comme l’a souhaité Martine Defay, maire, dans son allocution de bienvenue. Entretemps, il conservera les limitations actuelles, ce qui est extrêmement pénalisant pour les usagers et les professionnels, le moindre fourgon dépassant 2 m de haut.

Une solution provisoire sera donc mise en place pour permettre le passage des véhicules jusqu’à 16 t d’une rive à l’autre, à un endroit qui serait situé un peu en aval du pont historique. Il pourra s’agir d’un pont provisoire, type Bailey, mais le coût de cet aménagement s’élève à 850.000 € sans compter un loyer de 100.000 € par an. Une autre solution, évaluée à 400.000 €, est la construction d’un gué en dur consistant en des buses de béton sur remblai et un tablier métallique non submersible sauf en cas de crue importante. Il n’y aurait donc pas de passage en hiver si on constate une forte montée de l’Allier, sans compter le risque que l’ensemble soit emporté par les eaux. C’est néanmoins cette dernière solution qui est actuellement privilégiée par le Département. Dans un cas comme dans l’autre, il faudra obtenir l’accord de la DREAL (direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement), pour une installation qui commencerait au printemps.  Et pour empêcher que le pont historique ne soit à nouveau endommagé par des véhicules en surcharge, un système de caméras serait installé permettant de les identifier.

On ne peut que se réjouir de la prise en compte par le Département des lourdes contraintes pesant sur les habitants et les professionnels dues à la limitation ou à la fermeture du pont de Saint-Ilpize. Il leur faudra cependant encore faire preuve de beaucoup de patience avant que le pont ou le pont-gué provisoire ne devienne une réalité.